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Evil Surprise

an Analysis by Marco de Blois

LE TEMPS COMME RECEPTACLE

 

Marco de Blois, 1994, extrait d’un texte paru dans le programme des « Cinq Jours Du Cinéma Indépendant Canadien » « Une Question De temps » Marco de Blois écrit (entre autre) pour le magazine 24 Images et est impliqué avec La Cinémathèque Québecoise.

 

« …Le temps peut également agir comme réceptacle. Comme chez Norman McLaren, il s‘apparente alors à une toile qui délimite l’espace que le peintre devra occuper. Un espace où le peintre est libre de faire ce que bon lui semble. The Evil Surprise de François Miron – une œuvre carrément expérimentale-,se caractérise ainsi. Devant ce film, on a l’impression d’une toile abstraite qui semble vouloir éclater de tous côtés. La composition dirait-on, se prolonge au-delà du canevas, comme les toiles de Jackson Pollock qui sont des abîmes insondables et infinis. Avec un talent certain pour les effets optiques, Miron se livre à un recyclage effréné d’images désuètes, images qui sont dégagées de leur contexte et emportées par le malstrom de ce film fou furieux.. Un malstrom qui, d’ailleurs, pourrait se poursuive bien au-delà de la projection (le film aurait pu durer six heures, cela, au fond, n’a aucune importance). Or, Miron, en même temps, s’intéresse à la pellicule comme matière. C’est la raison pur laquelle il imprime sur les images certains traits caractéristique de la pellicule : perforations, rayures, etc. Ce faisant – et c’est d’ailleurs l’intention annoncée dès le début, le spectateur, devant ce film qui s’adresse au cerveau, ressent ce tourbillon comme s’il était lui-même un projecteur. En définitive, The Evil Surprise est une œuvre purement cinétique, comme du cinéma au sens le plus matériel du terme. »

 

Marco de Blois 1994

The Evil Surprise

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